donc 1.5/1.0375 = 40 milliards est bien la valeur actualisée (aux taux de 3.75% par an) de 1.5 milliards par an. Le calcul est exact mais le modèle utilisé par Laurent dans son billet est mauvais et donc la conclusion biaisée.

À perpétuité, même avec un taux d'inflation faible, le 1.5 milliards par an ne "vaut" rien en pouvoir d'achat. Si le RSA perdure au delà des premières annnées, les politiques devront le revaloriser, vaguement en lien avec l'inflation (le panier d'achat de la menagère, etc.). L'équation ressemble donc plus à


Ce qui compte, c'est le différentiel entre taux d'actualisation et inflation. En moyenne, ce taux est faiblement positif (en ce moment, negatif !).

Je reste d'accord qu'on peut comparer, comme le fait Laurent, un plan de sauvetage à un coup avec une perpétuité, mais il faut un modele réaliste. Si le différentiel de taux est e.g. 1% en moyenne, on parle d'une perpétuité (RSA 1.5 milliards par an à pouvoir d'achat constant) valant 150 milliards d'aujourd'hui... On s'éloigne brutalement des 40. Comparons des chiffres comparables: les 40 milliards de sauvetage des banques ne bénéficient pas de l'actualisation à long terme mais ne patissent pas non plus de l'inflation et de revendications a perpétuité pour son augmentation, élargissement, etc.

Bien sûr, il n'est pas clair que ce soit la dernière crise financière et que les 40 ne soient payés qu'une seule fois... Il n'est pas clair non plus que les revendications politiques telles que le RSA ne réapparaissent pas sous une autre forme, une autre aide, ... Il est possible de se placer sur le terrain de la moralité, comme le font nombre de commentateurs, mais évitons de faire comme si c'était bon marché.