Plusieurs dizaines de milliards d’euros pour sauver les banques, mais pas 1,5 milliard pour le Revenu de Solidarité Active ?
By Denis on Sunday 21 December 2008, 11:57 - Permalink
donc 1.5/1.0375 = 40 milliards est bien la valeur
actualisée (aux taux de 3.75% par an) de 1.5 milliards par an. Le calcul est
exact mais le modèle utilisé par Laurent dans son billet est mauvais et donc la
conclusion biaisée.
À perpétuité, même avec un taux d'inflation faible, le 1.5 milliards par an ne "vaut" rien en pouvoir d'achat. Si le RSA perdure au delà des premières annnées, les politiques devront le revaloriser, vaguement en lien avec l'inflation (le panier d'achat de la menagère, etc.). L'équation ressemble donc plus à

Ce qui compte, c'est le différentiel entre taux d'actualisation et inflation. En moyenne, ce taux est faiblement positif (en ce moment, negatif !).
Je reste d'accord qu'on peut comparer, comme le fait Laurent, un plan de sauvetage à un coup avec une perpétuité, mais il faut un modele réaliste. Si le différentiel de taux est e.g. 1% en moyenne, on parle d'une perpétuité (RSA 1.5 milliards par an à pouvoir d'achat constant) valant 150 milliards d'aujourd'hui... On s'éloigne brutalement des 40. Comparons des chiffres comparables: les 40 milliards de sauvetage des banques ne bénéficient pas de l'actualisation à long terme mais ne patissent pas non plus de l'inflation et de revendications a perpétuité pour son augmentation, élargissement, etc.
Bien sûr, il n'est pas clair que ce soit la dernière crise financière et que les 40 ne soient payés qu'une seule fois... Il n'est pas clair non plus que les revendications politiques telles que le RSA ne réapparaissent pas sous une autre forme, une autre aide, ... Il est possible de se placer sur le terrain de la moralité, comme le font nombre de commentateurs, mais évitons de faire comme si c'était bon marché.
Comments
Comme je le précise "sans parler des risques pris", la plus grosse approximation du modele est bien sur comparer un placement en action a une obligation a taux fixe qui n'ont pas du tout le meme risque.
L'inflation est secondaire devant cette premiere approximation (et la transparence de son calcul est volontairement faible mais c'est un autre sujet).
Et tout le monde parle de ZIRP et deflation ces derniers temps donc zero pourrait etre une bonne approximation apres tout :).
La comparaison qui était faite assumait une perte à 100% des deux investissements. Dans les deux cas, les sommes sont considérées comme perdues. Le "risque" évoqué n'a donc pas d'existence ici, le pire scenario (pure perte sur le plan financier) est considéré.
Mais, effectivement, le RSA est surement dépensé, alors que le capital injecté dans les banques pourrait bien ne pas perdre toute sa valeur (voire en gagner dans les scenarios les plus obscènes). On reste d'accord sur un point de base: le capital n'apportera rien au plan social...
Si mon argument était basé sur un rendement (certain ou non), on pourrait parler de fonction d'utilité et de risques... Ici, je me suis juste borné à évoquer qu'une perpétuité politique et sociale ne peut pas être actualisée au taux sans risque en oubliant l'inflation, au risque de sous-estimer grandement son coût réel (une spécialité courante des politiques quand ils poussent de telles mesures, et les générations suivantes payent). L'inflation n'est pas secondaire sur une perpétuité de politique sociale. Elle l'est pour un investissement (tout aussi politique) en une fois.
"Dans les deux cas, les sommes sont considérées comme perdues."
Si le taux sans risque n'est plus sans risque, rien ne va plus en effet :).
Mais comme tu le mentionnes la durée de vie des politiques comparées est faible devant l'infini donc le risque (assumé ou non) et l'inflation sont dans l'épaisseur du trait.
Le taux du placement (de la perpétuité) est considéré sans risque... Mais la perpétuité est malgré tout depensée, me trompe-je? Au rythme de 1.5 milliards par an. Ou as-tu l'intention de financer un RSA qui ne distribue rien à la population?
L'incertitude porte uniquement sur la valeur des participations dans les banques, et ce sont ces participations que je considère perdues. Je prends donc l'hypothèse la plus conservatrice et anti-capitaliste. Cela devrait te plaire, que j'accède à ta vision "sans parler des risques pris"; je ne parle pas des risques, je considère uniquement le pire retour sur investissement possible (au lieu d'un pipo: le pire n'est pas sûr et cela pourrait même être rentable pour l'État).
Dans les deux cas, je considère les sommes perdues mais ce n'est pas parce que je considère un "taux sans risque" risqué... l'hypothèse est uniquement que l'argent est bel et bien depensé, sans retour sur investissement (direct).
Tu joues sur mes mots mais la conclusion reste: une perpétuité de politique sociale est chère et/car l'inflation joue. Ni le taux sans risque ni l'inflation n'influent la valeur d'un versement immédiat.
The Journal of Risk and Uncertainty had a Special Issue on Discounting Dilemmas (Volume 37, Numbers 2-3, December 2008) in free access for a few weeks (via table of content online).