Il s'agit de:

  • renforcer la transparence et la responsabilité,
  • favoriser une réglementation saine,
  • promouvoir l'intégrité (le bon fonctionnement) des marchés financiers,
  • renforcer la coopération internationale,
  • réformer les institutions financières internationales.
Au delà de ces principes, les ministres des Finances devront formuler pour la prochaine rencontre des recommendations supplémentaires sur les points spécifiques suivants:
  • atténuation de la procyclicité dans les politiques de régulation,
  • harmonisation des normes comptables,
  • renforcement des marchés de produits dérivés de crédit
    et réduction de leurs risques systémiques,,
  • révision des pratiques en matière de rémunération en ce qui concerne les incitations à la prise de risques et à l'innovation,
  • révision (...) des institutions financières internationales

Ces sujets étant difficiles, j'entreprends de publier une série d'articles sur ce blog pour informer et combattre la caricature.

partie I

La crise financière a d'ores-et-déjà été attribuée (comme c'est commode) aux grands maux suivants, tour à tour: titrisation, agences de notations, vente à découvert, paradis fiscaux... Comme préliminaires à une discussion sérieuse sur la réforme des marchés financiers, voici les réfutations simples de ces caricatures:

  • La titrisation n'apporte ni ne soustrait de risques. La titrisation permet simplement de distribué de la propriété attachée à un ou plusieurs actifs. Une action est un titre financier. Sauf à préconiser que la propriété d'un actif devrait toujours être individuelle (et en cas d'héritage à plusieurs descendants, cela promet de chaleureuses discussions), la titrisation est là pour durer. Posséder des parts de fonds, acheter une part d'émission obligataire, investir en actions pour sa retraite sans mettre tous ses oeufs dans le même panier, tout cela est possible grâce à la titrisation. Et c'est une bonne chose.
    Le sujet de la titrisation apparaît en fait à cause des produits de crédit. Remettre en cause leur existence (une option peu raisonnable) ne devrait pas questionner la titrisation ;
  • Les agences de notation ont fait une erreur de jugement en considérant que les investisseurs liraient les petits caractères associés à leurs conclusions. Elles ont sans doute eu un conflit d'intérêt aussi, étant payées par les émetteurs de CDO plutôt que par les acheteurs. Elles n'ont peut-être pas bien modéliser les produits eux-mêmes. Certes... mais elles avaient tout de même écrit que les notations de CDO indiquaient un risque bien plus élevé que les mêmes notations d'obligations simples, le conflit d'intérêt était évident mais virtuellement aucun client n'a pour autant recouru à une notation indépendente, les modèles et méthodologies utilisés étaient disponibles par écrit... Les banques payant mieux leurs structureurs que les agences de notation leurs analystes, les employés les plus brillants de l'une passaient du côté obscur et employaient toute leur intelligence à augmenter les risques pris sans induire de changement de note. Pourquoi ? Pas pour le plaisir mais parce que les investisseurs voulaient des rendements élevés à note fixée. Posez la mauvaise question et vous aurez une mauvaise réponse ;
  • La vente à découvert (sans posséder les titres) est un élément utile aux marchés. D'une façon ou d'une autre, le vendeur est toujours obligé de racheter les titres à un moment pour livrer ceux qu'il a vendu. Dans l'intervalle, la vente a permis à un acheteur de trouver plus de liquidité. Et qu'est-ce que la crise de crédit ? Un manque de liquidité. Il y a des emprunteurs potentiels mais plus de prêteur. Ce qui favorise la liquidité est bon pour un marché ; si la crise nous a appris quelque chose, cela devrait être ceci.
    La solution a déjà été trouvée: il faut imposer au vendeur à découvert de connaître dès la vente quand et à qui il va racheter les titres vendus. Il faut imposer l'usage du repo: pour vendre à découvert, le vendeur doit trouver une contrepartie possédant les titres et acceptant (contre indemnité bien sûr) de ne pas les vendre tant que le vendeur à découvert n'a pas racheté son découvert. De telles transactions sont communes et évitent la création de titres (actions) fictifs entrainant une chute des prix par excès d'offre. Car là est le problème: la vente à découvert sans repo augmente artificiellement le nombre d'actions d'une société par exemple mais pas nécessairement le montant total investi par le marché dans ces titres. L'excès d'offre entraine une chute certaine de prix, créant facilement une panique dans un marché agité, et une continuation de la chute des prix... au profit du vendeur à découvert. Il n'y a rien de mauvais à fournir de la liquidité mais il est clairement inacceptable de manipuler le marché. Diluer artificiellement la capitalisation d'une société est une manipulation... La vente à découvert ne doit être autorisée qu'avec un emprunt des titres associé ;
  • Les paradis fiscaux n'ont joué aucun rôle dans cette crise. Le G20 utilise simplement une excuse pour s'attaquer au dumping fiscal et à la fuite fiscale. Tant mieux, mais il est de mauvais goût de le justifier au nom de la crise actuelle.

À suivre...